Un peu d’histoire:

Les traces des premiers chevaux remontent à plus de cinquante millions d’années. L’espèce Equus ferus caballus ou Equus caballus est à l’origine de toutes les races de chevaux présentent aujourd’hui.  

Le cheval moderne a été domestiqué environ 2200 ans avant notre ère, dans le nord du Caucase. Il s’est répandu dans les siècles qui ont suivi à travers l’Asie et l’Europe toute entière.

Premier animal domestiqué qui a permis de nous porter sur de longues distances, améliorant le déplacement de nos ancêtres. 

Cheval de guerre du moyen âge portant des chevaliers équipés d’armures dont je n’ose imaginer le poids, et eux aussi protégés par des cuirasses de cuir ou de fer. 

Cheval de guerre aussi tirant les canons par tous les temps sur tous les terrains à l’époque des guerres napoléoniennes. 

Il a été cheval de labour, cheval de trait, de corrida aussi avant de devenir cheval de concours et de loisirs à nos côtés.

Comment cet animal noble, puissant, a accepté la domestication et les contraintes de vie que lui a imposé l’humain ? Son cousin le zèbre par exemple, n’a jamais pu être domestiqué.

J’ose émettre l’idée que ce n’est pas seulement le pouvoir de domination de l’homme qui l’a soumis. J’ose penser qu’il y a, entre les espèces domestiques et nous, une forme de pacte que nous avons oublié. Comme si certaines espèces ont choisi le lien à l’humain et la forme de coopération qui s’est établie.

En biologie, quand deux espèces s’associent pour le bien commun, on parle d’espèces commensales. Il n’y a pas de confrontation, de domination mais une association pour le bénéfice de chacun. 

Est-ce qu’avant les abus de l’exploitation des animaux par l’homme, notre association avec les espèces domestiquées a relevé de cette sorte d’accord ? C’est une hypothèse qui mériterait d’être étudiée.

Le cheval est présent sur tous les continents quelle que soit son origine dans la nuit des temps. Il sait s’adapter à tous les climats, tous les sols. 

C’est seulement parce qu’il doit porter des cavaliers ou tirer de lourdes charges que les « fers » ont été inventés par l’homme pour éviter l’usure excessive de ses sabots. Oui, le cheval a accepté qu’on lui mette des fers avec des clous dans la partie cornée de son sabot. 

C’est le seul animal domestique à avoir une telle « prothèse » artificielle pour supporter les tâches qu’on lui demande.

Cet animal social vit en troupeau bien structuré. Si un étalon est le « chef  » du troupeau, c’est souvent une jument qui est garante de la sécurité et de la recherche de pâtures.  Le cheval passe une vingtaine d’heures par jour à la recherche de sa nourriture, en se déplaçant. 

Marcher et manger. C’est l’essentiel de son temps avec les interactions sociales au sein du troupeau. Peu de sommeil et cette capacité particulière d’un état de somnolence debout, très proche du sommeil. 

Dans sa vie en box, en écurie de club ou de propriétaires ou en écuries de course, avec quelques heures par jour en paddock, le plus souvent à distance de ses copains, et des repas à heures fixes, le cheval est très loin de son mode de vie naturel. 

Le cheval libre est au cœur de tous les mythes, de toutes les légendes. Pégase le cheval ailé de la mythologie, messager des dieux, incarne le lien  entre la Terre et le Ciel. 

Le plus souvent symbole de liberté, de beauté et de puissance, Il fait peur aussi par sa taille, ses réactions parfois imprévisibles et cette puissance musculaire. 

On retrouve des chevaux divins dans les mythes tibétains, chamaniques et bouddhistes. Un cheval blanc sert de monture à Bouddha pour le Grand Départ. 

Lungta, le cheval du vent de l’Asie centrale est une allégorie de l’âme humaine. C’est devenu le nom d’un des magnifiques spectacles de Zingaro. 

À l’heure actuelle, en France, quel que soit la région que vous traversez, vous verrez des chevaux dans les prés. Parfois chevaux d’élevage, de moins en moins élevés pour la viande, ils sont parfois à la retraite ou juste des partenaires de balade ou en semi-retraite après quelques années de compétition dans les activités équestres si appréciées de nos enfants et adolescents.

Et pour autant une énorme majorité d’entre eux vivent en partie en box et plus ou moins isolés les uns des autres comme je l’ai déjà mentionné. 

Une particularité importante du cheval : les chevaux domestiques sont capables de retourner à l’état sauvage, de se reproduire et de s’adapter à des milieux arides, froids ou luxuriants. 

Un exemple bien connu est le retour à l’état sauvage des Mustangs de l’ouest américain. Ils sont maintenant même en surpopulation et la gestion de ces troupeaux devient très problématique. Par ailleurs des Mustangs nés sauvages et capturés vont être domestiqués et débourrés beaucoup plus facilement que des chevaux sauvages ancestraux. Comme si une mémoire se transmettait dans les gènes. 

Le cheval est un chamane naturel

qui nous transporte entre les mondes

Sylvain Gillier